Le Lieu du Crime  2004

LE LIEU DU CRIME

 

D’après les scénarios « La sale histoire » et « Le jardin des délices de Jérôme Bosch »

de Jean Eustache et Jean-Noël Picq.

Conception et mise en scène : Frédéric Poinceau

Avec : 

Valère Habermann,

Olivier Horeau,

Fabrice Michel,

Frédéric Poinceau et 

Sandrine Rommel

 

Création lumière : Ludovic Desclin

Espace scénique et vidéo : Frédéric Poinceau

Production : Les Travailleurs de la Nuit TDN

Coproduction : Festival Les Informelles / Théâtre de la Minoterie

 

Le Lieu du Crime est né d'une expérimentation théâtrale présentée en deux temps pendant le festival Les Informelles, organisé par le Théâtre des Bernardines. Le diptyque est repris en 2004 dans sa forme intégrale, au Théâtre de la Minoterie, à Marseille. 

 

Ce projet s'est construit à partir des films "Une sale histoire" et "Le Jardin des Délices de Jérôme Bosch", coécrits par le cinéaste Jean EUSTACHE et son scénariste Jean-Noël PICQ. Le projet met en scène et en miroir deux entretiens sur l’art pictural et le voyeurisme sexuel. Se conjuguent deux récits confessions, celui d'un voyeur et celui d'un esthète face à une peinture de Jérôme Bosch, ouvrant le champ recto verso d'une réflexion poétique sur la perception, la représentation et l'érotisme. Le lieu du Crime s'agence comme une fiction-étude à tiroirs, où les acteurs, munis d'un dictionnaire, d'une caméra vidéo et de quelques dessins et poèmes -Klossowski, Ovide, Sade, Bosch-, questionnent, enquêtent avec humour sur l'érotisme et ses déviances, dans ce qui pourrait ressembler à un cabinet de curiosités interdites au charme désuetDans La sale histoire, un homme raconte avoir découvert un trou en bas de la porte des W.C. pour dames d'un café parisien. Dès lors, regarder "les femmes par leur sexe, directement par leur sexe" à quatre pattes, le nez collé au sol, devient son obsession, la seule activité qui remplisse sa vie. La « sale histoire » composée par Jean-Noël PICQ se situe dans la grande tradition littéraire érotique, de SADE à BATAILLE en passant par GOMBROWICZ, en ce qu’elle réinstaure au cœur de l’écrit le pouvoir subversif du langage et réintroduit une véritable énigme dans le monde.

 

Pour "Le Jardin des délices", le dispositif est identique à celui d'"Une sale histoire" : le même homme assis dans un fauteuil, tenant dans ses mains une reproduction de L'enfer de J. Bosch, commente le tableau à une petite assistance composée de deux femmes et un homme. Le narrateur décrit ce qu’il voit de la peinture puis le récit dérive, invite à la rêverie, aboutit à une réflexion sur la différence des sexes. Picq invente un nouveau royaume où les anciennes lois et hiérarchies naturelles et sociales n’auraient plus cours… Le tableau de BOSCH reste une énigme qui se referme sur elle-même à jamais indéchiffrable « parce que l’on ne décrit que ce que l’on reconnaît… et que ce tableau n’est régi par aucun ordre, aucune loi, ni esthétique, ni logique ni morale… » Et la seule approche envisagée par le cinéaste Eustache est celle de la méditation et de la rêverie utopique.

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