J’ai joué vingt-cinq ans, je ne joue plus depuis peu. Je me considère pourtant encore comme un acteur parmi les acteurs, l’un d’entre eux, un ancien acteur détaché, comme un acteur qui s'est détaché d'une histoire passée de son corps, mais très présente encore. L’acteur compose donc naturellement le centre de gravité de notre théâtre, en est l’essence comme à ses origines. Dans notre travail, ma tâche est d’apporter un premier rêve, un livre, une idée, et de partager, avec ces acteurs et actrices, l’émotion que j’en éprouve, avant de joindre deux collectivités, celle de la scène et celle du public, dans une rencontre la plus vivante et la plus intense possible.

 

 

Notre théâtre se dessine peu à peu avec le temps comme une rêverie sur les solutions provisoires, l’inachèvement des formes, un théâtre des possibilités plus que des finalités. Il se nourrit sans modération de la pauvreté des moyens, d’une ironie douce et de l’incertitude des questions laissées sans réponse. Il s’écrit dans un espace minimaliste, déserté de définitions, comme une série d’hypothèses scéniques en cours d’élaboration. Il défend le projet d’une rencontre joyeuse, immédiate, performative, ouverte à tous, mais sans efficacité spectaculaire, donnant de l’espace au spectateur, et dans lequel celui-ci pourra contribuer à la construction et au sens de ce qui arrive.

 

Nos allers-venues entre matières dites « classiques » et matières contemporaines alimentent nos questions, dynamisent nos recherches formelles et nous poussent à des contrepoints vivifiants. En alternance, il nous semble important de conjuguer cette relation entre passé et présent, liberté et forme, fiction et réalité, et se risquer à « réinventer les formes nouvelles d’anciennes convictions » plus que de coller exclusivement à l’actualité.

 

Dans une économie maximale, l’acteur rend justice aux possibilités du jeu plutôt qu’à leur exécution. Et pour ce faire, nous travaillons à « vider l’étang pour attraper les poissons...», travaillons à une intensification de la présence dans le présent immédiat de la rencontre. Lorsque la réalité des acteurs commence à secouer la fiction et qu’elle crée de l’art, elle produit des situations où nul ne sait plus où il est, ni qui il est, ni de quoi il est question. Alors peut-être, un début de poésie, un peu d'humanité partagée, et de liberté si précieuse...

 

Parcours

 

Frédéric Poinceau obtient une maîtrise des « Arts de la scène » à l’université de Provence (Aix-en-         Provence) et complète sa formation d’acteur au  Théâtre des quartiers d’Ivry auprès d’Adel Hakim et d’Elisabeth Chailloux en 1991. Il poursuit sa formation d’acteur avec notamment Youri POGREBNICHKO, Vincent Rouche, Christophe Galland, Philippe Ottier, Isabelle Pousseur, André Steiger, Jean-Louis Benoit, Elisabeth Chailloux, Célie Pauthe...

Il joue pendant une vingtaine d’années avec de nombreuses compagnies théâtrales, en France et à l’étranger, entre autres, sous la direction de François-Michel Pesenti, d’Hubert Colas, Angela Konrad, Danielle Bré, Marie-José Malis, Youri POGRENIBTCHKO, Julie Brochen, Anatoli Baskakov, Elizabeth Chailloux, Martine CHARLET, Lambert Wilson, Cyril Grosse, Haim Menahem, Pierrette Monticelli, Selim Alik, Philippe Eustachon, Andonis Voyoucas…  

 

Les répertoires abordés sont autant classiques que contemporains : G. Feydeau, A. Tchekhov, B. Brecht, J. Racine, P. Claudel, W. Shakespeare, N. Gogol Büchner, A. Strindberg, O. Von Horvath, H. Muller, J.L. Lagarce, P. Handke, E. Bond, M. Duras, A. Jarry, Platon, Frank Wedekind, E.Corman, P. Myniana, C. Angot, C. Galéa...  

 

En 2004, il crée la compagnie Les Travailleurs de la Nuit, où il joue, adapte et met en scène plusieurs créations théâtrales, alternant les répertoires et les écritures.  

 

Mises en scène

2000....... Histoires vagues d’après des extraits de Jean-Luc Godard

                 Festival Les Informelles à Marseille (1999).

2004....... Le lieu du crime d’après des scénarios de Jean Eustache, "Une sale histoire" et "Le jardin des                                  délices" de Jérôme Bosch  

                Théâtre de la Minoterie / Marseille.

2007....... Les Instituteurs immoraux d’après "La philosophie dans le boudoir" du Marquis de Sade                                         Théâtre des Bernardines / Marseille.

2012....... Les Bienfaits de l’Amour adapté du "Banquet" de Platon

                 Théâtre des Bernardines                 

                 Théâtre Antoine Vitez /Aix-en-Provence

2014....... Le 20 Novembre de Lars Noren

                 Théâtre de Lenche / Théâtre Joliette / Marseille

2015....... Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac au C.D.N. Marseille/La Criée 

                 Théâtre Antoine Vitez

2017....... Peggy Pickit voit la face de Dieu de Roland Scimmelpfennig

                 Théâtre Joliette-Marseille

                 Théâtre du Forum-Fréjus

 

Enseignement théâtral 

Frédéric Poinceau intervient régulièrement à l’université d’Aix-en-Provence, département Arts de la scène, en tant que metteur en scène et professeur d’art dramatique. Il y dirige des ateliers de jeu et met en scène des productions théâtrales universitaires, notamment :

           -Je tremble et Cendrillon de Joël Pommerat (2009/2015) 

-Le Diable probablement  d’après le film de Robert Bresson (2011) 

-Andromaque de Jean Racine (2016)  

 Théâtre Antoine Vitez / Aix-en-Provence

-L’éveil du Printemps de Frank Wedekind (2014) 

-Tristesse et Joie dans la vie des girafes de Tiago Rodrigues (2017)

            Friche Belle de Mai-IMMS / Marseille

 

Il est aussi intervenant artistique au lycée Jean Cocteau (Miramas) dans le cadre de l’option théâtre obligatoire en partenariat avec le théâtre du Gymnase (Marseille) et au lycée militaire d’Aix-en-Provence, en convention avec la Cie Les Travailleurs de la Nuit.

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